« Dans un monde dangereux où le système de sécurité collective a volé en éclat et où il revient à chaque État de trouver les moyens de sa protection, nul n’a le droit de poser des limites à ce que l’Afrique peut faire pour assurer sa survie. Malheur à celui qui compte sur le parapluie d’autrui par temps d’orage. Tant pis pour celui qui s’abrite sous un parapluie imaginaire ou criblé de trous. »
À travers cette déclaration forte, Maurice Kamto interpelle sans détour les États africains sur l’urgence de repenser leur souveraineté sécuritaire, diplomatique et stratégique. Dans un monde où les alliances traditionnelles se fragilisent et où les intérêts géopolitiques priment sur la solidarité internationale, la dépendance extérieure devient un risque majeur.
Le message est clair : l’Afrique ne peut plus se permettre d’attendre sa protection de puissances étrangères, ni se satisfaire de garanties internationales souvent théoriques. Pour l’universitaire et homme politique camerounais, la survie du continent passe par la capacité des États à définir eux-mêmes leurs priorités, à renforcer leurs outils de défense et à assumer pleinement leur destin.
Cette sortie s’inscrit dans un débat plus large sur l’autonomie stratégique de l’Afrique, alors que plusieurs pays du continent redéfinissent leurs partenariats militaires, économiques et diplomatiques. Elle fait également écho aux défis sécuritaires persistants, du Sahel au golfe de Guinée, où les solutions importées ont montré leurs limites.
Au Cameroun comme ailleurs en Afrique, cette pensée pose une question centrale : jusqu’où les États sont-ils prêts à aller pour garantir leur sécurité et leur souveraineté, sans dépendre d’un « parapluie » extérieur incertain ? Maurice Kamto, en tout cas, tranche sans ambiguïté : l’heure n’est plus à l’illusion, mais à la responsabilité historique.
Maurice Kamto: “Africa Has No Right to Outsource Its Survival”
In a global environment increasingly defined by instability and the collapse of collective security systems, the words of Maurice Kamto, President of Cameroon’s Movement for the Renaissance of Cameroon (MRC), sound like a strategic warning to Africa and its leaders.
“In a dangerous world where the system of collective security has collapsed and where each State must find the means to protect itself, no one has the right to set limits on what Africa can do to ensure its survival. Woe to those who rely on someone else’s umbrella in a storm. Too bad for those who take shelter under an imaginary or hole-ridden umbrella.”
Through this powerful statement, Maurice Kamto urges African states to urgently rethink their approach to sovereignty, security, and strategic autonomy. As traditional alliances weaken and geopolitical interests increasingly override international solidarity, external dependence becomes a serious vulnerability.
The message is unambiguous: Africa can no longer afford to rely on foreign powers for its protection, nor place its trust in international guarantees that often prove ineffective. For the Cameroonian scholar and political leader, the continent’s survival depends on its ability to define its own priorities, strengthen its defense mechanisms, and fully take ownership of its destiny.
This position echoes a broader continental debate on Africa’s strategic autonomy, at a time when several countries are reassessing their military, economic, and diplomatic partnerships. It also reflects ongoing security challenges across the Sahel and the Gulf of Guinea, where externally driven solutions have repeatedly shown their limits.
In Cameroon and beyond, Kamto’s reflection raises a fundamental question: how far are African states willing to go to secure their sovereignty without relying on an uncertain external “umbrella”? His answer is clear—this is no time for illusion, but for historical responsibility.
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Ange NGO