Dans une analyse lucide et ambitieuse, Maurice Kamto estime que ces organisations, conçues sur le modèle de la Communauté économique européenne, ont produit « quelques rares réussites », mais surtout « leur lot d’échecs ». Un constat d’autant plus sévère que, selon lui, même l’Union européenne peine aujourd’hui à s’imposer face aux grandes puissances continentales que sont les États-Unis, la Chine, la Russie ou encore l’Inde.
« Il suffit de voir à quel point l’Union européenne est en difficulté face aux continents-puissances pour comprendre que les Africains ne peuvent pas continuer dans cette voie », souligne-t-il.
Pour l’ancien ministre camerounais, l’Afrique ne peut plus se contenter d’une intégration économique fragmentée et bureaucratique. Il plaide pour une mutation profonde : la transformation des communautés économiques régionales en États fédéraux régionaux, dotés d’une réelle souveraineté politique, économique et stratégique.
Cette étape, affirme Maurice Kamto, est indispensable pour permettre à l’Afrique de résister aux « attaques qui s’annoncent », dans un monde marqué par la compétition accrue pour les ressources, l’influence géopolitique et la maîtrise technologique. Elle doit également préparer l’ultime phase du projet panafricaniste : la construction d’un État fédéral continental africain.
Le calendrier proposé est clair et volontaire : les deux prochaines décennies. Au-delà de ce délai, l’inaction serait, selon ses mots, « une cécité stratégique » et même « un crime des dirigeants contre les peuples africains ».
Dans un contexte camerounais et africain marqué par les débats sur la souveraineté, la dépendance économique et la place du continent dans le nouvel ordre mondial, cette prise de position relance avec force la réflexion sur le panafricanisme, non plus comme un idéal abstrait, mais comme un impératif politique et historique.
Maurice Kamto calls for a historic shift: “African regional blocs must become federal states”
As global geopolitics undergo profound transformations and continental powers assert their dominance, Maurice Kamto, leader of Cameroon’s Movement for the Renaissance of Cameroon (MRC), delivers a blunt assessment of Africa’s integration model. According to the Cameroonian opposition figure, African regional economic communities have reached the end of their effectiveness and are no longer suited to today’s strategic challenges.
Kamto argues that these blocs, largely inspired by the European Economic Community, have produced only limited successes while accumulating significant failures. He points out that even the European Union itself now struggles to compete with major continental powers such as the United States, China, Russia and India.
“If the European Union is facing such difficulties against continental powers, Africans cannot continue down the same path,” he states.
For the former Cameroonian minister, Africa must move beyond fragmented economic cooperation and embrace a bold political transformation. He advocates for the conversion of regional economic communities into regional federal states with genuine political, economic and strategic sovereignty.
Such a shift, Kamto insists, is essential for Africa to withstand emerging external pressures and to prepare the next phase of pan-Africanism: the creation of a continental African federal state, which he describes as the ultimate goal of African unity.
He sets a clear timeframe for this transformation—the next two decades. Failure to act within this period, Kamto warns, would amount to “strategic blindness” and “a crime by African leaders against their own people.”
In Cameroon and across the continent, where debates over sovereignty, development and Africa’s role in the evolving world order continue to intensify, Kamto’s vision reignites the pan-African project as an urgent political necessity rather than a distant ideal.
Maurice Kamto, MRC, panafricanisme, États fédéraux africains, intégration africaine, communautés économiques régionales, Union africaine, géopolitique africaine, souveraineté africaine, Cameroun politique
Ange NGO