Dans sa première publication, Africom indiquait avoir « mené des frappes à la demande des autorités nigérianes » dans l’État de Sokoto, assurant avoir « éliminé de nombreux terroristes de l’État islamique ». Ce message a ensuite été supprimé, avant d’être remplacé par une nouvelle version, plus nuancée, précisant que l’opération avait été conduite sur instruction du président américain et du secrétaire à la Défense, tout en étant menée en coordination avec les autorités nigérianes.
Le 26 décembre, le président américain Donald Trump a confirmé la frappe contre des positions de l’État islamique au Nigeria. De son côté, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a remercié publiquement Abuja sur X « pour son soutien et sa coopération », laissant également entendre que d’autres opérations pourraient suivre. « La suite viendra », a-t-il déclaré, sans fournir davantage de précisions.
Cette intervention militaire s’inscrit dans un contexte diplomatique sensible. Le 1er novembre, Donald Trump avait annoncé avoir demandé au Pentagone de préparer des options militaires contre des « terroristes islamistes » opérant au Nigeria, affirmant vouloir protéger les communautés chrétiennes menacées. Des propos vigoureusement rejetés par les autorités nigérianes, qui ont dénoncé une vision biaisée et insisté sur les efforts de l’État pour garantir la liberté de religion et de conscience sur l’ensemble du territoire.
Début décembre, l’ambassadeur des États-Unis au Nigeria, Richard Mills, a rencontré le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, afin d’évaluer les axes de coopération bilatérale. À l’issue de ces échanges, le membre du Congrès américain Riley Moore a indiqué que Washington et Abuja étaient proches de conclure un accord de coopération stratégique en matière de sécurité, destiné à renforcer la lutte contre le terrorisme dans la République fédérale.
Entre communication maîtrisée, coopération sécuritaire et souveraineté nationale, cette séquence révèle les équilibres délicats qui entourent l’engagement militaire américain en Afrique de l’Ouest, une région toujours confrontée à la menace persistante des groupes armés terroristes.
US Strike in Nigeria: Africom Amends Statement, Cites Coordination with Abuja
The United States Africa Command (Africom) has removed a post previously published on social media platform X, in which it claimed that an overnight airstrike against Islamic State fighters in Nigeria was carried out at the request of Nigerian authorities.
In its initial statement, Africom said it had “conducted strikes at the request of Nigerian authorities” in Sokoto State, claiming the operation had “eliminated numerous Islamic State terrorists.” The post was later deleted and replaced with a revised version stating that the strike was carried out on the orders of the US President and the Secretary of Defense, and in coordination with Nigerian authorities.
On December 26, US President Donald Trump publicly announced the strike against Islamic State fighters in Nigeria. US Defense Secretary Pete Hegseth thanked Nigerian authorities for their “support and cooperation” on X and hinted at possible future operations, stating that “more is to come,” without further details.
The operation comes amid diplomatic sensitivities. On November 1, Trump said he had instructed the Pentagon to prepare potential military actions against “Islamist terrorists” in Nigeria to protect threatened Christian communities. Nigerian authorities strongly rejected the claims, arguing that such characterizations misrepresent the country and ignore government efforts to uphold religious freedom for all citizens.
Earlier in December, US Ambassador to Nigeria Richard Mills met with Nigerian Foreign Minister Yusuf Tuggar to discuss areas of bilateral cooperation. Following the meeting, US Congressman Riley Moore said Washington and Abuja were close to finalizing a strategic security cooperation agreement aimed at strengthening counterterrorism efforts in the country.
The episode highlights the complex balance between military engagement, diplomatic communication, and national sovereignty as the United States deepens its security footprint in West Africa.
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Moussa Nassourou
